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Le CGCI échange avec la CPME sur les grands enjeux économiques et réglementaires

  • 23 janv.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 janv.

À l’occasion d’un dîner de travail organisé par le CGCI le lundi 15 décembre 2025, nous avons eu le plaisir de recevoir Amir Reza Tofoghi, président de la CPME, l’une des trois grandes organisations patronales représentatives aux côtés du MEDEF et de l’U2P. Il était accompagné de Nathalie Malicet, trésorière de la CPME.


Cette rencontre a donné lieu à des échanges nourris autour de nombreux sujets d’actualité, qui ont fait émerger des constats largement partagés.



Les échanges ont d’abord porté sur la situation politique et budgétaire de la France, et sur les conséquences de l’instabilité législative pour les entreprises.


Si les PME ne sont pas toujours les premières visées par les mesures envisagées, elles souffrent directement de l’indécision et du manque de visibilité. Le niveau du déficit public interroge la soutenabilité du modèle social, tandis que certaines dispositions du projet de loi de finances font peser une pression accrue sur les entreprises, sans que leurs conséquences économiques réelles soient toujours anticipées.


Il ressort également un sentiment de déconnexion entre les débats législatifs et la réalité micro-économique vécue par les entrepreneurs.


Parmi les pistes évoquées pour revenir à davantage de pragmatisme :

  • une réforme structurelle de l’organisation territoriale,

  • une réforme ambitieuse de l’État,

  • une meilleure articulation entre responsabilités locales et nationales.

Un message clair est ressorti de ces échanges : « Ne touchez pas à ma petite entreprise », comme un avertissement adressé au monde politique.



Simplification ne signifie pas dérégulation


Un autre point fort des discussions a porté sur la notion de simplification.

L’entreprise constitue un repère central de la société française. L’accumulation de contraintes peut devenir contre-productive. La norme a toute sa place, mais elle doit être :

  • proportionnée,

  • adaptée,

  • incitative plutôt que coercitive.


Certains sujets méritent pleinement d’être encadrés, notamment :

  • la durabilité,

  • l’intelligence artificielle.


Toutefois, l’innovation naît souvent de l’initiative individuelle. L’exemple du Vigoz, vélo à très haute autonomie conçu par CIXI Life, illustre cette capacité d’innovation qui ne doit pas être freinée par un excès de normalisation.


Dans un contexte géopolitique tendu, la préservation du tissu industriel, y compris dans les secteurs stratégiques, apparaît également essentielle.



Les PME face à la facturation électronique et à l’IA


La CPME s’est fortement mobilisée sur le sujet de la facturation électronique, à travers ateliers, webinaires et actions de sensibilisation.


L’enjeu est d’aider les entreprises à s’approprier cette évolution pour en tirer des bénéfices en matière de gestion, en lien étroit avec les experts-comptables.


La CPME établit également un lien direct entre facturation électronique et intelligence artificielle, en encourageant les entreprises à investir dans ces outils dont les coûts d’accès restent limités au regard des gains potentiels. De nombreux cas d’usage sont développés pour faciliter l’appropriation de ces technologies.


La question du choix des plateformes a également été abordée, dans un contexte où l’État a renoncé à la mise en place d’une plateforme gratuite.



La pression croissante des produits importés de Chine


Les échanges ont également mis en lumière la faiblesse des mécanismes européens visant à garantir le respect des normes pour les produits importés, notamment en provenance de Chine.


L’absence de taxation du petit colisage, contrairement à ce qui a été mis en place aux États-Unis, favorise un afflux massif de produits vers l’Europe, qui demeure une zone de stabilité économique et de pouvoir d’achat élevé.


Il apparaît urgent, selon les intervenants, d’adopter une posture plus proactive sur ce sujet.



Transmission d’entreprise et Pacte Dutreil


Le débat actuel autour du Pacte Dutreil a été jugé disproportionné au regard des enjeux réels. S’il mérite d’être modernisé après vingt ans d’existence, ce dispositif reste un levier essentiel pour favoriser la transmission et permettre l’émergence de groupes familiaux solides, à l’image de ce qui existe en Allemagne, en Italie ou en Espagne.


L’enjeu est clair : accompagner la progression des entreprises de la TPE vers la PME, de la PME vers l’ETI, et de l’ETI vers la cotation.



Conclusion


Enfin, la question de la souveraineté numérique a occupé une place importante dans les discussions. Face aux géants américains et chinois, l’Europe doit soutenir l’émergence d’acteurs majeurs en matière d’IA et de technologies numériques. Des bases existent déjà, avec des entreprises comme ASML, Mistral ou OVH.


L’enjeu est de favoriser l’émergence de véritables champions européens pour garantir cette souveraineté.


Nous remercions chaleureusement Amir Reza Tofoghi pour la qualité des échanges partagés avec les responsables des groupements présents.

 
 
 

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